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Léon Juste Ibombo (Ministre des Postes et télécommunications) : « Notre ambition n’est pas de restructurer Congo Télécom mais de trouver un mécanisme qui permettra d’optimiser cette société »

Connect News : Monsieur le Ministre, on parle de la fibre optique au Congo depuis le début des années 2010 et pour la première fois vous avez organisé deux journées exclusivement réservées à cette infrastructure innovante, nous aimerions savoir qu’elles sont les principales leçons que vous tirez de ces assises ?

Léon Juste Ibombo : Je remercie la presse Congolaise et internationale pour cette opportunité qui nous est offerte de pouvoir parler de cette infrastructure déjà déployée dans notre pays et dont la connaissance auprès de nos concitoyens n’est pas vraiment optimale. Ces journées de réflexion sur la fibre optique ont été pour nous l’occasion de rassembler tous les acteurs intervenant dans le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication au Congo afin de voir ensemble comment optimiser cette infrastructure de base. Les travaux de génie civil concernant le projet CAB étant pratiquement arrivés à leurs termes, il s’agissait pour nous de voir comment gérer et commercialiser cette infrastructure dans le cadre d’un partenariat public-Privé.

CN: Mr le Ministre, après le fort taux d’accès à la téléphonie mobile par la population congolaise et la baisse des couts des communications qui sont des réussites à mettre à l’actif du Ministère des Postes et Télécommunication, un autre défi est à relever dans ce secteur en République du Congo notamment celui de rendre disponible la fibre optique auprès de toutes les couches sociales de la population. Peut-on dire qu’à l’issue de ces assises le congolais aura véritablement accès à cette infrastructure de base ?

LJI : Très tôt lorsque nous avons été promus à ces hautes fonctions de l’Etat, nous avons fait un état des lieux de tous les secteurs pour voir ce qui a été fait et ce qui reste à faire dans ce secteur stratégique pour notre économie. A la suite de cet état des lieux, nous avons dressés un rapport à Son Excellence Mr le Président de la République avec copie au Premier Ministre chef du Gouvernement, pour signaler les opportunités qu’offre le secteur des télécommunications à travers la fibre optique dans le cadre de la diversification de notre économie. Maintenant que devons-nous faire pour rentabiliser cette infrastructure ? Notre ambition ici par rapport à la vision du chef de l’Etat est d’arrimer le pays à l’économie numérique et nous avons fort heureusement à travers la fibre optique la base nécessaire pour pouvoir atteindre cette ambition.
Notre challenge comme vous l’avez su le dire en amont, c’est effectivement de connecter toutes les couches sociales de la population congolaise à la fibre optique et nous y travaillons.

CN : les travaux de la fibre optique seraient très avancés de nos jours et la fin de l'interconnexion de cette technologie devrait intervenir en 2017. Pourquoi les congolais ne bénéficient-ils pas toujours de cette infrastructure ?

LJI : C’est une lecture qui est fausse. A ce jour, la majorité des congolais utilisent la fibre optique sans pour autant le savoir. En effet, les opérateurs de téléphonie mobile et même les fournisseurs d’accès internet, utilisent cette infrastructure pour offrir aux consommateurs leurs différents services.
Il faut reconnaitre que des investissements importants ont été consentis par le Gouvernement pour acquérir cette technologie qui doit être rentabilisée. C’est à Congo Télécom qu’incombe la gestion de cette infrastructure et en tant que Ministre du secteur, nous constatons que la connexion au niveau des entreprises et des ménages ne se fait pas à un rythme assez soutenu afin de permettre à l’Etat de rentabiliser ses investissements.

CN : Justement Mr le Ministre, comment pensez-vous pouvoir atteindre ces objectifs ?

LJI : Je tiens d’abord à souligner que la restructuration de Congo Télécom n’est pas de notre chef. C’est plutôt une feuille de route du Président de la République adressée même à mes prédécesseurs. Des études ont même été faites avec la Banque mondiale en 2013 pour une éventuelle restructuration de Congo Télécom mais aucune n’a abouti.
Lors de ces journées de réflexion, nous avons visité le laboratoire de Congo Télécom où a été développé le triple Play, une offre commerciale dans laquelle cet opérateur propose à ses abonnés un ensemble de trois services dans le cadre d'un contrat unique notamment l'accès à l'Internet à haut débit, la téléphonie fixe, la télévision avec parfois des services de vidéo à la demande. Ces produits doivent-ils restés dans les laboratoires de Congo Télécom ou devons-nous trouver des mécanismes pour les mettre à la disposition des consommateurs ? si on n’y prend garde, un opérateur privé offrira les mêmes produits et se substituera à notre opérateur historique. Nous devons donc prévenir cela.
Nous avons une vision bien claire là-dessus : il s’agit de ne pas restructurer cette entreprise, mais de trouver un mécanisme permettant une gestion plus efficiente de Congo Télécom, de ses produits et de ses infrastructures. Toutefois, je tiens à préciser à tous que Congo Télécom ne sera pas liquidé. Le Président de la République aura les conclusions de ces journées sur la fibre optique avec la vision du ministère concernant ce secteur.

CN : Mr le Ministre, au cours de ces journées de réflexion sur la fibre optique, un concept est revenu assez souvent : celui de la Société du Patrimoine National, pouvez-vous nous apporter des éclaircissements à ce sujet ?

LJI : La feuille de route du Chef de l’Etat, prescrivait au Ministre en charge des Postes et Télécommunications entre autres de mettre en place une Société de Patrimoine pour gérer les infrastructures déployées sur toute l’entendue du territoire national. Après un état des lieux du secteur, nous nous sommes rendu compte qu’à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas mettre en place cette structure pour gérer exclusivement les infrastructures en Télécommunications pour la simple raison que ces infrastructures sont l’épine dorsale des activités de Congo Télécom.
Il s’agit d’abord pour nous de trouver un mécanisme qui permettra de rentabiliser les infrastructures existantes

CN : Un dernier mot pour mettre fin à cet entretien ?

LJI : Aujourd’hui nous avons une vue globale du secteur des télécommunications au Congo. Je profite de cette occasion pour remercier l’ensemble des partenaires venus d’Italie, du Portugal, de la grande Bretagne, de la France et de la Chine. Notre satisfaction sera totale lorsque nous allons connecter le maximum de ménages et d’entreprises à la fibre optique et rentabiliser les infrastructures qui ont été lourdement déployées dans notre pays.


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