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« Le gouvernement et son partenaire technique Startimes, s’attellent à mettre en place la joint-venture qui va exploiter, maintenir et commercialiser la capacité de la TNT qui se déploie actuellement au Congo » Thierry Moungala, Ministre de la Communicati

Connect-News : Monsieur le ministre, en novembre dernier lors des JNTIC, vous annonciez je cite « les premiers déploiements de la télévision numérique terrestre vont être lancés dans cinq villes pilotes, à savoir Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Ouesso et Oyo pour le 1er trimestre 2018» qu’en est-il aujourd’hui ?

Thierry Lézin Moungala : Il y a quelques semaines en début du mois de février, les experts du ministère des Grands Travaux ainsi que quelques agents du ministère de la communication se sont rendus sur le terrain pour faire un état des lieux de l’avancement des travaux destinés au passage de l’audiovisuel analogique vers le numérique. Au cours de ces descentes, des visites recettes (tests) ont été effectuées à Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Ouesso ainsi qu’Oyo et aujourd’hui nous pouvons dire que les travaux sont quasi achevés. Toutefois, il convient de souligner que la problématique qui reste en suspens est celle de la gouvernance du processus d’implémentation de la télévision numérique terrestre ou de cette infrastructure. Le gouvernement et son partenaire technique Startimes, s’attellent à mettre en place la joint-venture qui va exploiter, maintenir et commercialiser la capacité de la TNT qui se déploie actuellement au Congo. Dans les prochains mois cette société recevra ces infrastructures et sera à pied d’œuvre pour créer du contenu qui sera embarqué dans le bouquet numérique de l’Etat.

Aussi, je tiens à préciser que le processus de création de cette société est bien avancé, il est piloté en premier lieu par le Ministère des Finances et du Budget, accompagné par le Ministère de l’Aménagement du Territoire et des Grands Travaux qui a la  charge de déployer les infrastructures nécessaires, la Présidence de la République, le Ministère de la Communication qui en est le bénéficiaire et enfin le prestataire technique Startimes.

CN : La République du Congo a noué un partenariat avec la société Startimes pour la mise sur pied d’un réseau qui va relier toutes les localités du pays en maillage numérique, pouvez-vous nous en dire plus ?

TLM : On ne devrait pas parler de partenariat signé avec la société Startimes, mais plutôt d’un appel d’offre ou d’un marché d’Etat qu’a remporté Startimes parmi plusieurs postulants. Cet appel d’offre avait pour objectif d’aider le Congo à déployer les infrastructures numériques qui permettront l’implémentation de la télévision numérique terrestre avec des contenus numérisés et la gouvernance de cette infrastructure qui nécessite que nous créons une société qui répondra aux attentes du gouvernement dans un secteur plein de potentialités mais aussi très concurrentiel et qui n’est exploité aujourd’hui que par des sociétés privées. En effet, il existe déjà des sociétés qui font de la télévision numérique mais sous forme de diffusion satellitaire. L’achèvement de ce projet nous permettra d’avoir un déploiement de la télévision numérique par voie terrestre.

Je profite de cette opportunité pour préciser que la télédistribution via un satellite que font les sociétés Startimes, Canal+, TNT Africa… est de la télévision numérique par le fait que les contenus sont émis par des supports numériques.

Aussi, il convient de relever que dans ce projet du gouvernement, il y a deux points nécessaires à savoir : le déploiement de la technologie et l’accessibilité de la TNT à toutes les couches sociales de la société. Pour la préservation de l’intérêt général de nos populations, nous avons le devoir de nous assurer que cette technologie soit accessible à tout le monde. A ce titre, il y aura un bouquet de base avec des chaînes gratuites préprogrammées dans la télévision c’est-à-dire sans abonnement.  

CN : Quand pourrons nous réellement passer de l’analogique à la TNT ?

TLM : En 2006 l’Union International des Télécommunications avait adopté le « Plan G.O.06 » qui fixait le passage de l’analogie à la TNT au niveau mondial à la date du 17 Juin 2015. Cependant nombre de pays n’ont pu respecter ce délai. Par ailleurs, il convient de noter que la plupart des pays y compris « les grandes puissances », ont réussi ce passage il y a à peine sept ou huit ans. Le retard enregistré par le Congo et les autres pays africains est surtout dû à la complexité du déploiement de cette technologie. L’extinction des fréquences analogiques au basculement  aux fréquences numériques est un processus complexe par le fait que les fréquences sont des ressources rares qui quelques fois suscitent des convoitises.

L’un des principaux freins au déploiement de la TNT est aussi dû au fait que certains Etats voisins se battent pour accéder à leurs fréquences, c’est le cas du Congo et de la RDC. La difficulté technique est un frein majeur, c’est à ce titre que nous nous appuyons sur l’expertise de Startimes, un opérateur mondialement reconnu dans ce secteur, qui ne nous propose pas juste le déploiement de cette technologie mais aussi du contenu dédié à l’Afrique. Mais au-delà du contenu que va nous proposer le prestataire technique, nous devrons à l’avenir pouvoir créer notre propre contenu dans le but de favoriser le développement d’un écosystème  audiovisuel, favoriser la montée à nos bouquets des chaînes existantes et l’arrivée de nouveaux opérateurs audiovisuels locaux. L’autre difficulté est d’ordre financier car le déploiement de l’infrastructure nécessite un lourd financement.

CN : Quelle synergie y-a-t-il entre le ministère de la communication, le ministère de l’économie numérique, le ministère des grands travaux  et le conseil supérieur de la liberté de la communication dans le cadre de la réalisation de ce projet ?

TLM : Le déploiement de la TNT est un projet gouvernemental à plusieurs branches qui nécessitent l’intervention de ces institutions. Le ministère de l’aménagement du territoire et des grands travaux qui a la charge des travaux du déploiement de la TNT, a lancé un appel d’offre qui a permis de choisir le soumissionnaire gagnant à savoir Startimes. Le ministère des Postes, Télécommunications et de l’Economie Numérique y est concerné  parce que la TNT contribue aussi au développement de cette nouvelle économie. De la même manière que le ministère de la communication qui est le principal bénéficiaire, est concerné par la fibre optique pour le déploiement de la TNT car les technologies se croisent, le ministère de l’économie numérique est en arrière-plan en ce qui concerne la télévision numérique terrestre.

En résumé, retenons que c’est un projet gouvernemental avec en première ligne le ministère de l’aménagement du territoire et des grands travaux qui exécutent les travaux de déploiement de la TNT avec le partenaire technique choisi Startimes. Le bénéficiaire de cette infrastructure est le ministère de la communication. Le conseil supérieur de la liberté de la communication  intervient dans les agréments à donner aux chaînes de télévision qui y vont être diffusées. C’est le régulateur qui va veiller à ce que l’utilisation soit conforme aux intérêts de l’Etat.

Dernière modification le mercredi, 01 août 2018 13:28

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