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Pierre DANDJINOU  « Aujourd’hui, la grande problématique pour l’Afrique est de passer à l’IPV6 qui vient décupler les possibilités d’adressage ».

Nous avons rencontré en marge de la 2e édition du salon OSIANE à Brazzaville, le vice-président de l’ICANN (Internet corporation for Assigned Names and Numbers). Pierre DANDJINOU évoque au cours de cet entretien, les différentes actions menées par l’ICANN en Afrique ainsi que son regard sur la gestion des ressources IP sur le continent.

Connect-News : Monsieur le vice-président, vous êtes à votre 2e participation au Salon OSIANE, que pouvez-vous nous dire sur cet événement ?

Pierre Dandjinou : En effet, je suis à ma 2e participation à OSIANE et je suis très satisfait parce que ce salon a vraiment l’ambition de promouvoir le numérique au Congo et en Afrique centrale. Au regard de l’expérience que j’ai acquise dans ce secteur, un tel dynamisme mérite d’être soutenue et pérennisé. En comparaison à la 1ère édition, il y a cette année une forte participation et je ne peux que féliciter les promoteurs.

CN : Pouvez-vous nous présenter l’ICANN ?

PD : L’ICANN est une société de droit californienne qui coordonne les ressources critiques de l’internet. Sa mission est de faire en sorte que l’internet soit opérationnel et interopérable. Fruit de la recherche des éminences grises, aujourd’hui internet est devenu utile à tout le monde et c’est à ce titre que l’institution dont je suis le vice-président avec d’autres partenaires internationaux, veille à ce que cet outil soit toujours disponible. En ce qui concerne mon rôle au sein de l’ICANN, je fais en sorte que les africains entrent réellement dans l’industrie de l’internet qui offre plusieurs opportunités. Aussi, je dois les aider à comprendre mais également à sécuriser cet outil car au-delà de la simple consultation des réseaux sociaux, il y a un véritable business qui se fait sur la toile.

CN : Quelles sont les actions que vous menez concrètement en Afrique ?

PD : Il y a quelques années nous avions remarqué que l’Afrique était absente des différentes conférences internationales qu’organisent l’ICANN et d’autres institutions. Et je tiens à noter que la participation ainsi que la contribution de l’Afrique aujourd’hui à ces réunions statutaires est très satisfaisante. En effet, les africains font dorénavant parti des groupes de travail que l’ICANN met en place et cela les permet de comprendre les mécanismes de fonctionnement de cette institution.

Nous contribuons aussi au renforcement des compétences pour permettre aux africains d’être au même niveau de compréhension que les autres membres. A ce sujet, nous organisons des ateliers sur le DNSSEC (Domain Name System Security Extensions) ou nom de domaine et nous accompagnons les pays africains à sécuriser leur nom de domaine sur le serveur racine afin que les données soient en sécurité. Toujours dans le cadre de la formation, nous organisons des ateliers de formation sur la  gestion et au business des noms de domaines.  

CN : Quel regard portez-vous sur la gestion des ressources IP en Afrique ?

PD : Les ressources IP ou les protocoles internet sont des ressources importantes et rares car elles favorisent le bon fonctionnement de l’internet. L’ICANN alloue les adresses par le biais de ce qu’on appelle les registres régionaux. Il existe 5 registres et ils correspondent à chaque région dans le monde. En Afrique, les adresses IP sont octroyées par l’AFRINIC qui est le registre africain de l’internet. L’Afrique est le seul endroit au monde où on utilise encore les adresses IPV4, un protocole qui n’est plus alloué dans la plus part des pays. Et aujourd’hui, la grande problématique pour l’Afrique est de passer à l’IPV6 qui vient décupler les possibilités d’adressage. Et selon les experts grace à la technologie IPV6, les 7 milliards de population dans le monde peuvent avoir à chacun une centaine d’adresses. La technologie IPV6 permet d’allouer des adresses IP à des objets, voilà pourquoi on parle aujourd’hui d’objets connectés.

CN : L’ICANN a organisé dans le cadre de la 2e édition du salon OSIANE, un atelier YOUTHCOM en partenariat avec l’association PRATIC, pouvez-vous nous en dire d’avantage sur cette initiative ? 

PD : L’atelier Youthcom est un programme de l’ICANN dans le cadre de l’assistance d’appuie en Afrique, il a pour objectif d’emmener les jeunes à contribuer à la gouvernance de l’internet. Il y a plusieurs aspects qui entrent dans le cadre de la gestion de l’internet et qui obéissent à un certains nombres de politiques selon les Etats. C’est à ce titre que nous avons pensé d’introduire très tôt les jeunes africains dans ce monde car elle représente la majorité de la population. Ce programme est basé sur la sélection des jeunes de moins de trente ans que nous accompagnons dans la compréhension du fonctionnement de l’internet.

Dernière modification le jeudi, 02 août 2018 12:34

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