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« Chaque acteur devra jouer sa partition afin d’arrimer véritablement le Congo au développement de l’économie numérique ». Guy Roland Ntsimba D.G du Développement de l’Economie Numérique

Nommé le 5 avril 2018, le tout premier directeur général du développement de l’économie numérique est juriste de formation, titulaire d’un master en cyberespace africain. Il a rejoint le ministère des postes et télécommunications en janvier 2008, où il a occupé successivement les fonctions de conseiller administratif et juridique, de conseiller aux nouvelles technologies de l’information et de la communication et de directeur des nouvelles technologies.

Connect-News : Monsieur le Directeur Général, quelles sont les missions qui vous sont attribuées et comment pensez-vous les mettre en œuvre?

Guy Roland Ntsimba : La Direction Générale du Développement de l’Economie Numérique a été instituée dans le but de matérialiser la vision du Président de la République, telle que définie dans son projet de société à savoir : « arrimer le Congo au développement de l’économie numérique ». Les  missions qui nous sont assignées découlent du décret n°2018-112 du 21 mars 2018 portant attributions et organisation de la Direction Générale du Développement de l’Economie Numérique. Au nombre desquelles : l’élaboration et la mise en œuvre de la politique nationale du Développement de l’Economie Numérique au Congo ; la promotion de la gouvernance de l’internet ; la valorisation de notre patrimoine virtuel ; la création et le développement des entreprises numériques et le développement des incubateurs d’entreprises…

CN : Comment cette nouvelle direction générale compte-t-elle accompagner le Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique dans la mise en œuvre de la stratégie nationale du développement des TIC ?

GRN : Je tiens d’abord à préciser qu’en début de cette année nous avons procédé à la mise à jour  de la stratégie nationale du développement des TIC au regard de l’évolution de ce secteur à travers le monde. Il y a eu un atelier de validation au cours duquel les experts ont validé ce projet de document qui se trouve aujourd’hui sur la table du gouvernement attendant son approbation. Ce document s’articule autour de trois principaux piliers à savoir : le e-citoyen, le e-business et le e-gouv. Chaque pilier contient  des axes stratégiques, à savoir : le développement des infrastructures, la mise place d’un environnement juridique adéquat, du renforcement des capacités et des services. Il nous revient de mettre en œuvre cette politique pour le développement de ce secteur.

Cependant, l’économie numérique du fait de son caractère transversale nécessite l’implication de tous les acteurs. A cet effet, nous entendons rassembler tous ceux qui œuvrent dans ce secteur au sein d’une plateforme afin de susciter une dynamique nationale et définir ensemble la marche à suivre pour la mise en œuvre de notre cyber stratégie. Chaque acteur devra donc jouer sa partition afin d’arrimer véritablement notre pays au développement de l’économie numérique. Nous avons déjà entamé des discussions avec des acteurs majeurs du secteur. A la fin de ces discussions nous proposerons au Gouvernement, la mise en place d’un comité permanent du numérique au sein duquel toutes les grandes décisions seront prises pour le développement de l’économie numérique.

CN : Quel regard portez-vous sur l’économie numérique en République du Congo ?

GRN : L’économie numérique aujourd’hui est considérée comme un vecteur d’accélération de croissance. Mais au Congo, ce secteur est au début de son développement. Nous pensons qu’il y a des secteurs qui peuvent aujourd’hui constituer les maillons du développement accéléré de cette nouvelle économie : les télécommunications, les finances en particulier les banques, la santé, le tourisme, le commerce et l’éducation. Si nous pouvons nous appuyer sur ces différents secteurs de l’économie, nous pourrons très vite promouvoir l’économie numérique, grâce notamment au développement des transactions électroniques. Aussi, nous allons créer les conditions pour inciter les congolais à intégrer la culture de paiement électronique dans leurs transactions commerciales.

 

CN : Il existe encore beaucoup de défis à surmonter pour le développement de l’économie numérique au Congo notamment l’accès au haut débit que prévoyez-vous pour remédier à cela ?

GRN : Le Congo dispose aujourd’hui des infrastructures qui nous permettent d’accéder au haut débit. Nous sommes connectés au câble sous-marin WACS. Dans le cadre du Projet de Couverture Nationale (PCN) nous disposons d’un backbone qui traverse le pays du sud au nord, ainsi que les nombreuses boucles métropolitaines qui alimentent les grandes villes. Au regard de toutes ces infrastructures, nous pouvons affirmer que le Congo dispose d’un accès au haut débit.

Le problème se situe certainement au niveau des coûts d’accès. La Direction Générale du Développement de l’Economie Numérique dans l’exécution de ses missions fera en sorte que l’accès à  internet ne soit plus considéré comme un luxe, mais un droit pour toute la population au même titre que l’eau et l’électricité. Pour ce faire, des actions seront engagées dans le sens de la démocratisation des coûts des outils informatiques et d’accès à internet.

CN : Le Règlement Général sur la Protection des Données personnelles (RGPD) est entré en vigueur ce vendredi 25 mai 2018. Quelles sont les incidences pour le Congo sachant que toutes les startups congolaises offrant des biens et services (gratuites ou payantes) à des personnes résidentes en UE sont concernées ?

GRN : Le Règlement Général sur la Protection des Données personnelles (RGPD) est un cadre juridique qui remplace la directive 95/46 de l’Union Européenne. Il réglemente la protection des données qui constituent l’or noir de l’ère du numérique. Il apporte quelques innovations dans la protection des données à caractère personnel. Au regard de son champs d’application, ce règlement a naturellement une incidence au Congo. En effet, tous nos jeunes qui cré ent des applications mobiles sont obligés de se conformer à cette réglementation puisqu’ils sont censés recueillir les informations se rapportant à des sujets européens ou congolais ; et ces informations sont hébergées en Europe.

Ce RGPD s’applique également à tout congolais qui effectue une transaction en ligne avec un fournisseur basé dans l’espace européen.

Toutefois, il convient de rappeler que le Congo est signataire de la convention de l’Union Africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel. Ce texte attend sa ratification. En ce qui concerne notre projet de la cyberlégislation, nous avons élaboré une série des textes qui devraient règlementer la protection des données à caractère personnel, la cybersécurité, la lutte contre la cybercriminalité et les transactions électroniques. Ces projets de textes ont reçu  l’avis favorable de la cour suprême et attendent leur approbation par le gouvernement avant transmission au Parlement pour adoption.

Je profite de cette occasion pour appeler l’attention du Gouvernement sur le caractère important de cette cyberlégislation.

Dernière modification le jeudi, 02 août 2018 11:31

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